ONER

 

Observatoire National de l’Emploi Rural décent des jeunes (FAO)

 

 

Contexte

L’Observatoire National de l’Emploi Rural (ONER) est une plateforme dédiée à la thématique transversale de l’emploi rural décent au Sénégal, développée par la FAO à travers le Programme Approche Pays Intégré (API)et l’ANPEJ au Sénégal. L’Observatoire a été développé grâce à la collaboration de Yeesal Agri Hub en tant que partenaire technique pour le développement de la partie TIC et de la stratégie de communication.

L’ONER intervient dans un contexte marqué par une population sénégalaise majoritairement jeune, avec plus de 60% de jeunes de moins de 24 ans, mais quien voit très peu engagés dans le secteuragricole. Alors que l’agriculture constitue le principal pourvoyeur d’emplois au Sénégal avec plus de 70% de la population active, surtout en matière d’entreprenariat tant au niveau individuel, que dans les grandes compagnies agroalimentaires ou des opérant dans la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles.

 

Le projet

L’ONER s’intéresse à la question de l’Emploi rural décent de façon transversale sous quatre principaux angles :

  • Les tendances du marché et à la consommation, avec la mise à disposition des données notamment sur la fluctuation des prix et les chiffres d’affaires ;
  • La situation de l’emploi rural et la mesure de la qualité des emplois, avec la mise à disposition des informations et données sur le respect des normes, les revenus, les salaires, les nombre d’emplois et d’entreprises disponibles ;
  • Les données sur la gouvernance et les opportunités d’emplois ;
  • Le régime social et le déficit en emploi renseignent sur les chiffres sur les emplois légiférés.

 

L’ONER intervient également pour renforcer le niveau de connaissance des jeunes sur les droits du travail et sur l’orientation vers la production agricole à travers la diffusion des informations provenant du marché. L’Observatoire vise à  devenir une plateforme de données actualisées sur l’emploi rural décent au Sénégal, avec une ouverture permettant aux jeunes, chercheurs et structures s’activent dans le domaine, de l’utiliser et de le faire vivre.

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Pour en savoir plus sur le Programme Approche Pays Intégré (API)de la FAO :  Télécharger API de la FAO

 

Partenaires

Lancement SENAG2017

C’est une première au Sénégal. La première édition de la Semaine de l’entreprenariat agricole a connu son lancement officiel lundi 13 novembre 2017 à Thiès. Initiée par Yeesal AgriHub en partenariat avec la GIZ, elle vise principalement à favoriser le partage d’expériences entre les jeunes étudiants, les migrants de retour au pays et les entrepreneurs agricoles. C’est la représentante de la GIZ-Sénégal qui a procédé à l’ouverture des travaux.

 

Madame Angela ZUR et Monsieur Amadou NIANG de la GIZ lors du lancement de #SENAG2017

En ce qui concerne la première journée d’activités, elle a été marquée par la tenue de deux sessions théoriques : l’une sur l’agro-écologie et l’autre sur la production avicole.

Comment se lancer dans l’agro-écologie

Animée par Souleymane AGNE, jeune agronome et formateur, la première session de cette première journée de la SENAG2017 a permis aux participants de découvrir différentes astuces pour le bon démarrage de leurs projets agro-écologiques. La question de développement de l’agro-écologie au Sénégal était notamment au cœur des échanges.

« On a formaté tellement les esprits que les agriculteurs pensent ne plus pouvoir se passer des engrais chimiques », déplore le communicateur AGNE avant d’énoncer trois règles à suivre rigoureusement pour réussir tout projet en agro-écologie. Il s’agit de « ne rien négliger », d’« être passionné » et puis de « bien connaître sa plante ».

Séance du formateur en « Initiation à l’Agroécologie » Mr Souleymane AGNE

Outre ces règles, tous ceux qui désirent entreprendre dans l’agro-écologie devront concentrer leurs efforts sur quatre autres éléments très importants : le sol, l’eau, l’environnement et surtout le marché.

A propos du « sol », un adage populaire dit ceci : « dis-moi quel sol tu as, je te dirai quelle culture choisir ». D’où son caractère indispensable pour la conduite d’un projet agro-écologique.

La qualité de la session a été unanimement saluée par les participants,  jeunes débutants comme personnes expérimentées dans le domaine d’agro-écologie. Certains agriculteurs se sont même rendu compte des mauvaises pratiques auxquelles ils s’adonnaient et qui ne sont pas bénéfiques pour les plantes.

Un entrepreneur agricole, en dépit de ses neuf (9) années d’expériences dans l’agro-écologie, reconnaîtra n’avoir jamais appliqué la double cuvette qui, pourtant, est recommandé pour la culture des citronniers.

Si cette première session a permis d’aborder les contours de la production végétale, la deuxième de la journée, quant à elle, traitera de la production animale et de la prophylaxie.

Des opportunités réelles dans le secteur avicole

A l’instar de la session précédente, la deuxième a été l’occasion de faire découvrir des astuces pour réussir un projet avicole,  et de faire partager les expériences des migrants de retour.

Séance du formateur en « Production Animale et Prophylaxie » Mr Christian FAYE

Par ailleurs, le communicateur n’a pas manqué d’insister sur l’autre pan de cette deuxième session, c’est-à-dire la prophylaxie qui constitue l’ensemble des mesures et précautions à prendre dans le domaine pour prévenir les maladies.

Mais quelles sont les opportunités qu’offre le secteur agricole ? Sur la question, le communicateur explique les chiffres à l’appui : « Pour un investissement de 1.916.000 de francs CFA, le chiffre d’affaires escompté est de 2.455.000 de francs CFA pour la première production. Le même chiffre d’affaires peut être obtenu dans la deuxième année sans investissement initial ».

Avec ces détails, les participants à la SENAG2017 n’hésiteront pas à se lancer dans le secteur avicole.

Il faut préciser que la Semaine de l’entreprenariat agricole se déroule du 13 au 17 novembre 2017. Elle promet d’être riche en échanges fructueux sur les thématiques comme l’agriculture, l’entreprenariat et les TIC. Plusieurs experts y seront présents pour animer les sessions de formation et les séances pratiques qui sont prévues dans le cadre

 

4 actions de Yeesal Agrihub pour booster l’entrepreneuriat agricole

Pour 2017, plus d’excuses, on s’investit tous dans l’agriculture !

4 actions de Yeesal Agrihub pour booster l’entrepreneuriat agricole

Lancé au mois de mars 2016 dans l’objectif de créer un espace d’échange entre les jeunes évoluant dans le domaine des TIC et de l’agriculture, Yeesal Agrihub continue son bonhomme de chemin en conjuguant entreprenariat agricole et social. L’année 2016 a ainsi été riche en diverses activités de formations et de talks. Ces activités ont permis d’outiller les jeunes entrepreneurs agricoles pour lancer leurs entreprises sociales dans l’agriculture. Ces jeunes ont pu capitaliser sur les bonnes pratiques des entrepreneurs expérimentés membres de Yeesalmais ont découvert de nouvelles techniques de production agricole respectueuses de l’environnement comme la permaculture. Pour 2017, rythmer votre année agricole grâce à nos YeesalTalk, YeesalMbay et YeesalTIC pour booster l’entreprenariat social dans le domaine de l’agriculture.

YeesalTIC

Au rythme où vont les innovations dans les technologies de l’information et la communication, l’agriculture ne doit pas être en reste. Comprenant cela, Yeesal AgriHub à travers YeesalTICa organisé une série de formations à la fois théoriques et pratiques pour mieux renforcer les capacités des jeunes dans les technologies de l’information et de la communication. La première formation a été animée par un des membres de notre communauté et a porté sur : « Comment faire une bonne recherche liée à l’agriculture avec les moteurs de recherches et créer des alertes mails sur les mots-clefs et publications agricoles ». Les participants étaient des entrepreneurs, des étudiants, des chercheurs etc qui ont été outillés sur des outils de recherche avancée sur l’agriculture. La seconde formation de YeesalTic a porté sur la création de blog et la mise en place d’une veille digitale sur l’agriculture. Ces formations vont de la recherche de contenus pertinents sur l’agriculture aux outils de marketing et gestion d’une newsletter en passant par la création de blog pour l’agriculture. Ces formations ont permis aux participants de mieux informer et de s’informer sur l’agriculture. Elles permettent également aux entrepreneurs agricoles de vendre leurs produits ou services agricoles grâce au numérique.

Mais ce n’est pas encore fini, nous vous réservons d’autres surprises avec YeesalTalk et YeesalMbay

« Insert photo Yeesal Mbay”

YeesalTalk

Le Yeesal Talk est un cadre idéal pour inviter des entrepreneurs expérimentés à partager leurs expériences avec des entrepreneurs novices. Pour cela, nous avons pensé à un large éventail de figures de l’entreprenariat agricole au Sénégal qui nous sommes sûrs vous inspireront à vous lancer.

« Insert photo YeesalTalk »

YeesalMbay

Pour ceux qui sont intéressés par les techniques de production agricole, alors c’est l’activité à suivre. La vision de Yeesal repose sur une production agricole raisonnée. Ainsi, pour permettre aux jeunes entrepreneurs agricoles d’adopter les techniques de production respectant l’environnement, une formation sur la fertilisation et la production biologique est prévueavec des démonstrations sur le terrain des techniques de compostage. Une formation pour conduire une unité lapinière est également prévue. Passionné des lapins ? Prenez donc note dans vos agendas.

« Insert photo YeesalMbay »

Plaidoyer

Membre de Yeesal : “Nous sommes convaincus que l’entreprenariat agricole n’est pas seulement une question de se faire de l’argent. Les entrepreneurs agricoles doivent avant tout s’intéresser à l’impact social auprès des agriculteurs”Toutes ces trois activités YeesalMbay, Yeesal TIC et Yeesal Talk contribuent concrètement à construire une vision autour de l’entreprenariat social dans le secteur agricole. Pour que ce type d’entreprenariat puisse se développer encore plus au Sénégal, au-delà des outils offerts, Yeesal Agrihub connecte les acteurs et renforcele plaidoyer en faveur de l’entreprenariat social dans le domaine de l’agriculture.

« Insert photo groupe Yeesal »

Alors pour 2017, plus d’excuses, Yeesal AgriHub vous offre l’opportunité de vous intégrer dans l’entreprenariat social au profit de l’agriculture. Ceci, grâce à nos diverses séances de formations théoriques et pratiques tout au long de l’année. Les outils sur lesquels portent ces formations vous permettront de vous intégrer sur tous les maillons de la chaine de valeur agricole : trouver des intrants de qualité grâce à de bonnes méthodologies de recherche, acquérir des connaissances pratiques de production agricole ou encore savoir comment vendre ses produits agricoles grâce au numérique.

 

Un nouveau partenariat entre la GIZ et Yeesal Agri Hub pour initier les jeunes à l’entrepreneuriat agricole

Au Sénégal, le taux de chômage des 15 à 35 ans est de plus de 60 pour cent. Ainsi, beaucoup de jeunes quittent les zones rurales dans le but de gagner leur vie à Dakar ou à l’étranger. D’après les prévisions de l’Organisation internationale du travail (OIT), on s’attend au niveau mondial à plus de 2,7 millions de nouveaux chômeurs en 2018. C’est dans ce contexte que l’association Yeesal Agri Hub et la Coopération allemande, la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH à travers son nouveau programme « Réussir au Sénégal », s’unissent pour endiguer le chômage des jeunes et l’immigration clandestine dans le pays.

« Inciter 200 jeunes à l’auto-emploi dans la chaîne de valeur agricole pour faire face au chômage et à la migration clandestine », tel est le but de la Semaine de l’Entreprenariat Agricole qu’organise Yeesal Agri Hub en partenariat avec la GIZ du 13 au 17 novembre 2017 à Thiès.

Cette première édition de la Semaine de l’Entreprenariat Agricole sera l’occasion de faire découvrir à 150 étudiants et chômeurs de la région de Thiès, et 50 migrants de retour, les opportunités concrètes et niches d’emplois agricoles dans les secteurs viables tels que l’environnement, l’agro-écologie et les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

L’événement, initié dans le cadre de la célébration de la Semaine mondiale de l’entreprenariat 2017, s’inscrit aussi dans la logique de provoquer une prise de conscience générale. Il s’agit de donner aux jeunes les moyens de construire leur avenir. en les initiant à la culture de l’entreprenariat agricole, à la fois pour l’amélioration de leur niveau de vie et pour le développement économique et social de leur pays.

Les participants bénéficieront des formations tant théoriques que pratiques afin de mieux appréhender les enjeux de l’entreprenariat agricole. Les thématiques comme l’initiation à l’agro-écologie, l’initiation à la santé et la production animales, l’entreprenariat et le business model pour l’agriculture, les TIC dans la chaîne de valeur agricole, seront au cœur des échanges.

De façon pratique, les 200 jeunes participants auront l’occasion de visiter des fermes spécialisées dans la pratique de l’agroécologie et de la production animale.

Décideurs publics, promoteurs d’entreprises et de start-up agricoles sont également attendus à cette Semaine de l’Entreprenariat Agricole pour encadrer les formations et ateliers dispensés aux jeunes.

« Réussir au Sénégal » : le nouveau programme du partenaire GIZ

La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH met également la jeunesse au cœur de ses actions. En effet, son programme dénommé « Réussir au Sénégal » vise à appuyer la création de perspectives économiques et sociales au profit des jeunes et des migrants de retour.

Etalé sur la période 2017-2020, ce programme est destiné à couvrir 8 régions du pays à savoir : Thiès, Fatick, Kaffrine, Kaolack, Diourbel, Sédhiou, Kolda et Dakar. Il entend promouvoir les énergies renouvelables, notamment le système photovoltaïque dans les chaînes de valeurs productives telles que l’agriculture, l’artisanat et autres services énergétiques. A terme, ce programme d’un volume financier de 12 millions d’euros va concerner 50 000 jeunes de 15 à 35 ans.

A propos de l’organisateur Yeesal Agri Hub 

Yeesal Agri Hub est le premier Agri Tech Hub du Sénégal, né de la volonté d’un groupe multidisciplinaire de jeunes passionnés par l’agriculture afin de créer un espace d’échanges, de partage et de stimulation de jeunes étudiants, agriculteurs, entrepreneurs pour trouver ensemble des solutions TIC innovantes face aux problématiques quotidiennes du monde rural.

Agroécologie au Sénégal

Au Sénégal, le développement de l’agroécologie plombé par le peu d’intérêt des politiques et des élites

La dégradation des terres fait perdre au Sénégal 550 milliards FCA chaque année. Les pratiques agricoles jouent un rôle très important dans cette dégradation des terres avec l’usage du labour et des intrants chimiques notamment. Mais dans le même temps, les subventions pour l’achat des intrants agricoles sont passées de 4,6 milliards à 13,9 milliards entre 2004/2005 et 2012/2013. Autant dire que nous creusons chaque jour davantage le trou qui nous mènera vers un précipice et qu’il est opportun de se poser la question de savoir : nos sols seront -ils encore en mesure d’accueillir nos semences pour satisfaire nos besoins alimentaires ?

De plus en plus, l’agroécologie est ainsi désignée comme la solution pour une utilisation durable des ressources naturelles. Mais au juste, c’est quoi l’agroécologie ? Ce concept est né depuis les années 30 et se définit comme l’application de l’écologie en agriculture et porte son analyse sur les différentes composantes (plantes, animaux, sols, climat) et leurs interactions au sein d’un agroécosystème (un écosystème aménagé par l’homme).

Dans tout ça qu’en disent nos politiques ?

Au Sénégal, ce sont les ONG en partenariat avec les organisations de producteurs qui militent le plus et mettent en œuvre des actions pour promouvoir l’agroécologie. Mais une transition agro-écologique ne peut être le seul fait d’initiatives isolées. Elle doit être inscrite clairement dans nos politiques avec une transition qui n’est pas brusque mais s’adaptant au rythme de tous les acteurs du secteur agricole. Une transition passant de l’utilisation des engrais chimiques à l’utilisation des engrais organiques, par exemple, est impossible à faire passer brusquement. Car aucun acteur n’y est vraiment préparé. Et les études sur l’agroécologie au Sénégal sont encore rares. IL faut plutôt partir sur un modèle de mix des engrais, à l’image du mix énergétique pour lequel l’État a fait un très grand bond. Il faut dire cependant que les politiques actuelles s’inspirent beaucoup des principes de la révolution verte. En effet, l’objectif spécifique 2 du programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (PRACAS) met la facilitation de l’accès aux intrants et au matériel agricole au cœur des priorités du gouvernement sénégalais. De ce fait, une certaine dépendance aux intrants chimiques est notée malgré les difficultés d’accès aux producteurs et des subventions qui non seulement n’arrivent pas souvent aux destinataires mais leur effet sur la productivité n’est pas toujours garanti.

La formation des élites aussi ?

Il faut dire qu’au Sénégal, les contenus des formations ont souvent du mal à se renouveler et à s’adapter aux nouveaux défis. En agronomie, c’est le même cas. Bien vrai que les principes agronomiques et écologiques soient bien présentes dans les curricula, il n’en demeure pas moins que ces principes ne sont pas présentées sous un prisme systémique. Si nous voulons que plus d’agronomes militent en faveur de l’agroécologie, cette pratique, cette confiance et cette construction de la conviction a besoin d’un fondement, d’un discours qui sous-tend sa pensée mais surtout d’un référent à la fois porteur du discours mais qui donne une certaine crédibilité et palpabilité à la chose.

J’aurais voulu ainsi dans mes cours qu’on me parle de Pierre Rabhi, de sa sobriété heureuse, de sa quête même de soi. Il n’y a à vrai dire un métier aussi révélateur que l’agriculture lorsque l’on se cherche. C’est ici toute la magnificence de Dieu, dans sa capacité de fructifier nos plus petits efforts qui nous est révélé. Il est temps, devant la pratique actuelle de l’agriculture que l’humain fasse irruption. Car, c’est de ces alternatives telles que la permaculture ou l’agroécologie que l’agriculture retrouvera sa vocation réelle perdue. Celle d’une culture de l’action de l’homme sur la terre qui laisse durable « l’affirmation de la liberté » de chaque élément de l’écosystème agricole. Ainsi, si une formation censée créer l’émulation scientifique des esprits de ses apprenants n’est plus en mesure de se renouveler et de se recréer dans la venue d’enjeux nouveaux, de nouvelles réalités, elle devient tout simplement obsolète.

 

Pour que l’agroécologie puisse s’imposer dans les systèmes de production, il faut tout de même lever plusieurs contraintes notamment le temps de travail supplémentaire requis, les engrais organiques non accessibles pour la plupart des producteurs ne disposant pas de substrats organiques (fumiers, résidus de culture…). Mais tout ceci, ne peut être impulsée que grâce à plus d’intérêts des agriculteurs avec le soubassement de politiques de financement, de recherche et d’actions s’inscrivant réellement dans les pratiques agroécologiques.

#YeesalAgriHack, le premier AgriHackaton au Sénégal pour la création d’entreprises sociales dans les TIC et l’agriculture

Du 18 au 21 mars 2016 s’est tenu dans la région de Thies le hackaton de lancement du YEESAL AGRI HUB.

Cet événement a réuni plus d’une trentaine de jeunes pendant 3 jours autour d’ateliers de design thinking, de business model canvas, de prototyping de solutions numériques pour l’agro-business.

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L’événement a réuni plus d’une vingtaine de jeunes pendant 3 jours autour d’ateliers de design thinking, de business model canvas, de prototyping de solutions numériques pour l’agro-business. Les deux premiers jours, la communauté de jeunes du Yeesal Agri Hub, qui était déjà constitué, a réfléchi sur des solutions innovantes face à trois thématiques du monde rural :

  • l’accès au foncier
  • le renforcement de la chaîne de valeur du lait
  • la commercialisation de produits locaux et la production biologique

Pour cela, les ateliers ont eu lieu sous le mentorat d’entrepreneurs Sénégalais aguerris comme Aboubacar Sonko de Mlouma et sous la supervision de Mr David Kosehel  du Denk Model, facilitateur de l’événement sous la couverture du GIZ (Coopération Allemande). Gildas Guiella du Ouagalab était aussi présent en tant que invité international de l’événement afin de présenter les réalisations du son FabLab et offrir ainsi aux jeunes de la communauté une source d’inspiration sur l’innovation et le leadership.

Ces deux journées se sont ponctuées de brainstorming, de learning session autour du business model canvas, du design thinking, user experience, et présentation beta des solutions sur lesquelles les équipes ont travaillé.

Le dernier jour, dans le cadre inspirant du centre Tostan à Thiès, les projets ont été présentés et discutés avec plus de quarante invités provenant du secteur public, du secteur privé et de la société civile. Face aux institutions tels que la GIZ,  l’ANPEJ, la FAO, le Ministère de l’Agriculture et de  l’Elevage, l’USAID/ERA, ORANGE, CTIC, Enda Pronat, SNV et plusieurs autres acteurs provenant d’organisations de producteurs, les équipes ont présenté les trois solutions basées sur des technologies web et mobile sur lesquelles ils ont travaillé durant les deux premiers jours de travaux internes. Ces solutions permettront une mise en relation entre les acteurs d’une même filière, facilitant ainsi les échanges et permettant le développement de la filière.

L’atelier du troisième jour s’est déroulé sous forme de “world café”, une méthode de travail qui permet aux invités de circuler entre les équipes pour découvrir les projets un à un, apporter des feedback et des idées d’amélioration des projets. Les feedbacks reçus des partenaires seront ainsi intégrés afin de trouver la meilleure façon d’aborder les trois problématiques.

L’objectif de Yeesal Agri Hub est de permettre aux entrepreneurs de se retrouver, d’échanger, de travailler et d’innover ensemble. Ils y trouveront une expertise et un accompagnement de mentors connaissant bien les réalités du terrain afin de les aider à concevoir des solutions viables et entrer en communication avec le monde rural. Ce hub sera hébergé au sein des locaux de l’ONG LVIA et permettra aux jeunes de s’impliquer dans le développement agricole par le biais des TIC et de stimuler la création d’emplois pour les jeunes en milieu rural. De plus, la vocation de ce hub est de changer le regard que les jeunes ont sur l’agriculture en les sensibilisant sur l’entrepreunariat social dans le secteur agricole et par ce canal la création d’entreprises dans le respect des principes du développement durable et de l’agro-écologie.

TIC dans l’agriculture au Sénégal: pourquoi?

 

Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), de par la possibilité de générer l’information et de la partager en un laps de temps s’offrent donc, comme la vitrine par excellence pouvant non seulement aider les agriculteurs à augmenter la production et la productivité mais aussi à mieux communiquer avec les autres acteurs. Mais, mettre ces outils dans un contexte où la plupart des cibles est analphabète où l’introduire dans une zone de connectivité réduite s’avère difficile.

C’est pour commencer avec un environnement politique propice. En effet, les politiques des TIC sont plutôt tournées vers des politiques de télécommunication ou d’infrastructure de communication, les politiques de TIC en faveur du développement ne sont pas encore bien pris en compte. L’urgence est alors, de mener des réflexions pour voir la possibilité de faire profiter des secteurs comme l’agriculture du potentiel immense des TIC. Cela pose aussi le débat sur le financement de la vulgarisation à grande échelle de ces outils. Il s’agira de mettre en place les politiques des TIC adéquats et par ricochet convaincre les bailleurs qu’il faudra mettre les financements nécessaires. Et ceci passe nécessairement par l’implantation de projets pilotes, des résultats de ces projets dépendra largement l’engouement des bailleurs à financer davantage. Le concours de l’innovation organisé par le FDSUT (Fonds de développement du service universel des télécommunications) témoigne du caractère très récent de la volonté du Sénégal de faire profiter l’agriculture du potentiel immense des TIC. L’on passe ainsi à côté d’immenses possibilités de rendre notre agriculture plus compétitive. Cependant, l’intérêt suscité par l’utilisation des TIC dans d’autres secteurs ne doit nullement ausculter le fait que le secteur agricole soit un secteur à part avec bien ses réalités. « Si les histoires de «tracteurs rouillés» nous apprennent une chose, c’est que l’on ne peut pas imposer des technologies de communication avancées dans un contexte social de pauvreté, de faibles niveaux d’alphabétisation et d’autonomisation et s’attendre à ce qu’une transformation positive se produise tout naturellement. » L’efficience d’utilisation des TIC pour l’agriculture ne pourrait se vérifier sans qu’ils soient clairement discutés et ficelés dans des programmes et projets mis en œuvre par l’Etat.

De l’idée de mettre en place un système national d’information

Les résultats de la recherche dorment souvent dans les tiroirs faute d’un mécanisme de transmission de l’information défaillant. Les TIC offrent donc la possibilité pour l’utilisateur d’aller directement vers l’information dont il a besoin. De même les performances du pays peuvent être consultées par les bailleurs pour statuer sur les secteurs qui requièrent un financement d’urgence. Avec l’émergence des TIC tout le monde devient un flux de sorte qu’il faut impérativement harmoniser et coordonner les sources d’information. Egalement, les organismes internationales ou de recherche fournissent souvent des informations « trop scientifiques » pour être comprises et adaptées en zone rurale avec un taux d’alphabétisation faible. Il est parfois nécessaire donc d’adapter ces contenus aux exigences locales. De nombreuses options sont possibles, mais différents facteurs doivent être pris en compte tels que la nature de l’information, le format, le choix des moyens et outils plus efficaces pour la communication. Ce besoin de communiquer n’a pas seulement de bénéfices auprès des producteurs, ces TIC peuvent remplir plusieurs rôles comme la communication entre les acteurs, la génération d’information et le stockage de ces informations en vue d’une utilisation prochaine. C’est pourquoi les développeurs doivent travailler aussi bien en amont pour avoir le « profil » de l’information à véhiculer qu’en aval lorsqu’il s’agira de faire le suivi-évaluation.

Système d’information sur les prix

Les producteurs n’ont parfois aucune donnée du marché et ceci est exploité le plus souvent par les intermédiaires qui en profitent pour sous-évaluer les produits pour ensuite les vendre à un prix exorbitant sur le marché. De la connectivité créée entre acheteurs et producteurs naîtra une relation de confiance. En effet, si ces agriculteurs disposaient des TIC ils leur permettraient d’être plus rapprochés du marché et de voir les tendances côté prix pour éventuellement avoir un pouvoir décisionnel fort leur permettant de savoir le moment propice pour vendre. Par exemple l’application « mlouma » qui a été primée lors du récent concours de l’innovation et qui est venue pour « démocratiser l’information agricole » fait en sorte qu’il est possible de mettre tous les acteurs des chaines de valeur au même niveau d’information. Mlouma intègre à la fois plusieurs canaux de diffusion tels qu’une plateforme web, un service sms, des applications mobiles et un centre d’appel. De sorte qu’il est possible d’avoir toujours un recourt même pour les personnes ne disposant pas d’une connexion à internet.

Ce type d’application vient dans un contexte où l’information agricole est soit distribuée aux paysans par le biais des agents de vulgarisation, aujourd’hui en forte baisse, soit par le biais de TIC traditionnel tel que la radio ou la télévision. Pendant ce temps, les défis à relever pour l’agriculture ne cessent d’augmenter. Ainsi chercher l’information devant une foule de publications dès lors que tout le monde devient un flux devient alors une tâche laborieuse pour le paysan illettré. Avec la généralisation de la téléphonie mobile et la possibilité d’utiliser les sms pour véhiculer des messages courts et précis, la tâche devient alors moins ardue. Les expériences ont montré que l’utilisation à la fois de plusieurs TIC était la meilleure façon de procéder, le recourt aux TIC « traditionnel » (radio, télévision…) pour une meilleure diffusion étant souhaité. Aussi des études sociologiques pour voir l’éventuelle réponse des populations rurales aux TIC est requise. Et c’est uniquement en procédant de telle sorte qu’on pourra espérer une appropriation complète des applications par le monde rural.

par Abdourahmane Diop, repris du blog AgriMedias

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