AGRI-ACTION: Une première pierre posée(Partie I)

En Afrique, il devient fréquent d’entendre que l’agriculture est un secteur capable de fournir de nombreuses opportunités d’emploi aux jeunes. Ce discours porté par les États et agences de développement s’intensifie de jour en jour. Ce constat pousse le gouvernement du Sénégal, à l’instar d’autres en Afrique, à se lancer dans la promotion de l’entrepreneuriat agricole. L’ambition est de créer des opportunités d’emploi pour les jeunes. Mais ce dynamisme souffre de la faiblesse de l’offre informationnelle capable de propulser la « volonté d’entreprendre » de cette couche majoritaire de la population.

 

Cette réalité est d’autant plus forte que sa persistance n’arrange en aucun cas les populations – déjà sujettes à l’insécurité alimentaire. Face à ce tableau, l’organisation Yeesal Agrihub a décidé de faciliter l’accès à l’information agricole pour les jeunes dans les zones urbaines et de favoriser leur engagement dans l’entrepreneuriat agricole. De nombreux chercheurs travaillent déjà sur la question. Dans le cadre de la mise en œuvre de son projet « Agripreneur en Action », l’initiative « AgriAction » veut mieux valoriser les innovations issues de la recherche scientifique à l’endroit des jeunes – potentiels chefs d’entreprises. Pour ce faire, Yeesal AgriHub a prévu, entre autre, l’organisation de deux rencontres entre de jeunes entrepreneurs et des chercheurs pour échanger sur les possibilités de valorisation des résultats de la recherche de ces derniers au profit de l’entrepreneuriat.

 

En voulant rapprocher ces deux secteurs – recherche et entrepreneuriat – un premier workshop s’est tenu ce 02 Juin 2018. Il a été question de passer une matinée de discussion conviviale  de partage d’expériences et attentes où les parties prenantes se sont evertuer à présenter des idées novatrices sur le sujet afin de concevoir ensemble des actions de sensibilisation pertinentes pour la réduction de l’insécurité alimentaire et la promotion de l’entrepreneuriat agricole chez les jeunes. L’enjeu a été d’essayer de faire ressortir les produits locaux à promouvoir et les opportunités de partenariat pouvant encourager la prise d’initiative entrepreneuriale des jeunes au nom de la nécessité  pour AgriAction d’assister la population face au défi de la sous-alimentation ou de la malnutrition.

Storify I: Conférence internationale sur le Sorgho au 21ème siècle – Cap Town

Nous vous offrons cette revue quotidienne sur la couverture twitter de cet évènement qui se déroule en Afrique du sud où nos jeunes chercheurs sénégalais seront fortement représentés.

« En tant que cinquième céréale majeure du monde, le sorgho sert de culture de base à des millions de personnes dans les climats les plus rudes tout en offrant d’innombrables opportunités dans le domaine des biocarburants, du développement de produits alimentaires et de la nutrition animale. Dans un monde où la population augmente et les changements climatiques s’accumulent, le sorgho joue un rôle clé à la fois dans la sécurité alimentaire et dans les économies du monde entier.

Au cours de la dernière décennie, des changements majeurs ont affecté l’économie mondiale du sorgho: le génome du sorgho a été cartographié, le phénotypage à haut débit est devenu un sujet de recherche prioritaire et l’utilisation du sorgho comme aliment, source d’énergie continue d’évoluer. et la nourriture humaine. Beaucoup de ces développements sont alimentés par un nouvel intérêt des pays à revenu élevé dans les sources alternatives de nourriture et d’énergie, ainsi que l’importance calorique continue pour les pauvres du monde face à l’explosion des populations humaines et au changement climatique. Dans le même temps, la structure des échanges a changé, les pressions exercées par les ravageurs ont évolué et de nouveaux records de production ont été enregistrés dans les zones arides. »  Timothy J. Dalton, Directeur, Feed the Future Laboratoire d’innovation pour la recherche collaborative sur le sorgho et le millet

 

Yeesal, l’agriculture digitalisée

Le digital est devenu un outil incontournable pour une bonne visibilité pour chaque secteur notamment l’agriculture. L’internet avec ses canaux ROI, représentant le plus vaste marché au monde est aujourd’hui un moyen très efficace pour commercialiser et rendre accessible son produit. Toutefois, force est de reconnaitre que le secteur de l’agriculture est un secteur un peu trop sous-estimé par les jeunes au Sénégal. C’est en suivant cette logique qu’un Agri-business Tech Hub a vu le jour au courant du mois de Mars 2016 sous le nom de Yeesal Agrihub.

Yeesal Agrihub promeut l’entreprenariat des jeunes dans le secteur de l’agriculture: Innover le secteur agro-business sénégalais avec les TIC. C’est aussi un milieu d’échange où l’on encourage la création d’idées innovantes qui pourront permettre au secteur agricole de se développer. Ils ont su comment séduire les jeunes dans le domaine agricole en liant ce dernier au numérique. Leur mission est aussi de mettre en place des groupes de jeunes de plusieurs secteurs afin de permettre aux étudiants, aux entrepreneurs et aux agriculteurs de trouver ensemble des solutions TIC innovante face à des problèmes auxquels le monde urbain est mis à l’épreuve.

Ces missions pourront sans aucuns doutes attirer plus de monde dans le secteur agricole. Ceci, du fait que plusieurs investisseurs et entrepreneurs ont pendant longtemps pensé que ce secteur dont il s’agit là est un secteur à haut risque avec des pertes et zéro revenu sur investissement. Nonobstant ce fait, si d’après ce que montrent les statistiques (Au Sénégal 70% de la population sont des agriculteurs) nous peinons toujours à atteindre l’autosuffisance en riz ou en oignons, nous pouvons bien comprendre la peur de prendre le risque de s’y investir du côté des entrepreneurs et des investisseurs.

 

 

La solution proposée par Yeesal Agrihub se présente efficace et très bien réfléchie. Sensibiliser et mettre en place une communauté de jeunes qui pourront travailler sur des sujets liés au développement agricole et à l’agro écologie. Ceci permettra aux jeunes de s’impliquer dans le développement agricole par le biais des TIC et d’encourager la création d’emplois en milieu rural. Cela va sans dire qu’ils faciliteront l’accès à l’information pour les jeunes désirant s’aventurer dans le secteur agricole ou pas.

 

La philosophie de Yeesal

 

Mettre les innovations digitales au service de l’agriculture, tel est le but de Yeesal Agri Hub. Ce hub, étant le premier en Afrique de l’Ouest entièrement dédié à l’agriculture, a su mettre en place un espace physique d’échange pour les jeunes innovateurs, les agriculteurs, les entrepreneurs sur des thématiques bien spécifiques à l’agriculture. Partant bientôt sur deux ans de réalisation et de construction d’un nouveau type d’entrepreneur social au service de l’innovation dans l’agriculture, Yeesal a su se positionner comme un acteur majeur de l’entreprenariat agricole au Sénégal, ce qui a suscité l’intérêt de la communauté internationale à vouloir s’intéresser à cette association d’entrepreneurs au service de l’innovation agricole.

Exposition a l’inauguration du centre Bavarois de Thiès

 

Une question est fréquemment posée aux membres de la communauté sur le secret de Yeesal. A cette question le coordinateur de Yeesal répond tout simplement que le secret de Yeesal repose sur la farouche volonté et l’envie de tout un chacun d’apprendre des autres.

 

Des mots forts et pleins de sens vu le réseau multidisciplinaire qu’on a su mettre en place. C’est donc une invitation à tout un chacun de faire émerger le vrai sens de sa vie et de s’impliquer vraiment à travers l’action, calé dans une dynamique de changement et de solidarité dans le but de non pas refaire l’histoire, mais de la poursuivre, de l’infléchir, de l’humaniser, de la rendre riche pour notre cause commune : rendre l’entreprenariat agricole plus noble et plus attractif.

Workshop avec les participants du programme Agripreuneur en action (Dakar)

 

 

Yeesal a des potentialités énormes et est consciente de la grande puissance capitalistique de l’Afrique. Par capital, nous entendons les moyens pour entrainer une dynamique de développement, des leviers pour changer ce qui semble réel à nos yeux, des richesses à exploiter et à valoriser pour lutter contre la famine et le chômage.

 

Yeesal n’est pas un joyau dans un ciel d’orage, mais c’est peut-être une boussole qui indique un chemin possible là où il n’y avait que du désespoir et du découragement, là où se développait une mentalité d’assisté et de mendiant. Yeesal est une communauté d’entrepreneurs innovants avec des potentialités de changement et de sortie de crise et l’offre au monde agricole.

 

Les muscles de Yeesal sont ses potentialités, ses capitaux, mais c’est aussi sa sagesse malgré son jeune âge. Il ne s’agit pas là de copier ou de reprendre ce qui se fait ailleurs, mais Il s’agit de prendre au sérieux la réflexion sur le sens de la vie, de la nature, sur ce qu’est une vie heureuse et sur ce que nous partageons qui nous réunit. Cette sagesse est une éthique, un système structuré avec sa propre cohérence pour prendre des décisions et faire des choix, une éthique de la vie bonne et heureuse où la relation à l’autre est centrale. La sagesse qui nous inspire nous invite à suivre les logiques de la nature qui tisse à la fois l’autonomie et les relations entre les humains, les animaux, les végétaux pour faire un monde qui n’est pas une machine mais un organisme vivant.

Semaine de l’entrepreunariat agricole avec 200 participants dont 150 jeunes et 50 migrants de retour. (Thiès, Novembre 2017)

 

Frantz FANON disait : chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». La nôtre est de coopérer étroitement en tant que communauté à l’atteinte des objectifs escomptés, avec une responsabilité très engagée et rien, absolument rien, ne saurait entamer notre détermination à poursuivre d’innover et de rendre l’agriculture plus noble et plus attractive pour les jeunes.

 

Credit to:

Mathieu Aly Faye

Développeur de solutions locales

Membre de Yeesal Agri Hub

Sahel Vert : l’agroécologie a aussi son centre de formation

Le niveau d’abandon scolaire au Sénégal est estimé à 12% au niveau moyen. Une masse importante de jeunes qui ont du mal à s’insérer dans le milieu professionnel. Une énorme perte pour l’État sénégalais si des solutions pérennes de réinsertion scolaire ou professionnelles de ces jeunes ne sont envisagées. Dans le même temps l’étude de l’IFAN cette année révélait que « Trois jeunes sur 4 partiraient du Sénégal si la chance se présentait. » C’est la statistique de l’année, comme le faisait remarquer Sobel Aziz NGOM, président de Social Change Factory.

Donner une seconde chance à ces jeunes en les insérant dans le secteur agricole, telle est l’ambition affichée par le Centre Sahel Vert. Seynabou SALL, la toute jeune directrice de ce centre nous explique : « Au Sénégal, ce n’est pas facile pour les jeunes ayant le niveau BFEM de suivre une formation en agroécologie ». Normal quand la plupart des écoles de formation en agronomie requiert le BAC S. Pourtant, « il y a beaucoup de jeunes qui veulent suivre la formation mais n’ont pas le niveau ni les informations nécessaires » confirme Seynabou. Crée en 2016 par le Centre Mampuya en collaboration avec Agribioservices, le centre Sahel Vert, implantée à Toubab Dialaw à 40km de Dakar, a pour objectif premier « de former des conseillers et techniciens en agroécologie et en production agroécologique » Ces deux structures : Agrobioservices et Mampuya disposent d’une bonne expérience dans l’agroécologie et ont décidé de joindre leurs efforts pour créer le Centre Sahel Vert. Agribioservices est par exemple présent à Thiès et s’active dans la commercialisation des produits biologiques.

 

Pour cette année, Sahel Vert propose deux filières : une en présentielle portant sur l’agroécologie et la production biologique et une formation modulaire qui se fait à distance. Pour cette dernière, la demande est là. Aboubacry, le gérant du centre Mampuya explique rencontrer souvent plusieurs personnes intéressées par la formation à distance. « Ces personnes ont souvent un travail différent de l’agriculture mais possèdent un domaine agricole sans pour autant disposer des connaissances de base minimum pour bien démarrer leur projet agricole. » L’une des innovations des formations au Centre Sahel Vert est l’importance des sessions pratiques. Pour avoir suivi une formation en agroécologie à l’université Gaston Berger de Saint Louis, la directrice de Sahel déplore que « 80% au moins de leur enseignement était théorique ». Après une licence en agroécologie, elle décide de prendre son courage en main et de « marquer une pause afin de gagner en expérience ». Heureusement pour cette passionnée d’agroécologie qui après un stage au centre Sahel Vert en est devenue aujourd’hui la directrice. Ce n’était pas évident au début, raconte Seynabou. Car « malgré le fait qu’on parle encore plus d’agroécologie, qu’on dise que c’est un métier d’avenir, l’insertion professionnelle n’est pas toujours évidente au Sénégal ».

 

La direction du centre insiste donc beaucoup sur la manière de former les jeunes. Et ces innovations portent leur fruit. Un jeune étudiant venu de la région de Thiès nous explique : « la manière dont je produisais avant et maintenant est totalement différente ». Un autre de ses camarades venant d’une zone réputée pour sa performance agricole comme le bassin arachidier « avant de venir au Centre, je n’avais aucune connaissance en agriculture et plus spécifiquement en agriculture biologique ». Le centre Sahel vert a ainsi changé la perception de plusieurs jeunes par rapport à l’agriculture biologique. Ce n’est pas que la théorie. Cette année, le centre a fait face à une épidémie de variole dans le cadre de la production avicole. Cependant, les produits chimiques sont bannis. Une manière pour les formateurs « d’inciter les étudiants à innover, à trouver les voies e moyens afin de contourner cette infection qui avait atteint le poulailler » nous fait savoir Aboubacry. Une solution qui a marché, puisque les pertes de volaille ont été minimes malgré le non recours aux produits chimiques.

Offrir une formation complète en agroécologie et production biologique est la très grande ambition du centre Sahel vert. Il ne manque cependant pas quelques contraintes qui ralentissent la réalisaton de cet objectif. La capacité d’accueil de ce centre est encore petite. Malgré la forte demande, une vingtaine d’étudiants seulement ont pu être reçues. Dans le cadre de la production maraîchère, le Centre fait également face à l’attaque des singes et une disponibilité en eau réduire malgré une disponibilité foncière importante. La direction espère dans les années à venir augmenter les superficies exploitées et la capacité d’accueil des étudiants. Le Sénégal a donc une ressource humaine de qualité sur laquelle compter pour engager la transition agroécologique. Le centre Sahel Vert compte bien jouer sa partition en espérant que les autorités et les différents partenaires puissent s’y joindre pour booster la production agroécologique.

 

Agripreneur en Action: sélection des participants au projet

Souhaitez-vous vous lancer dans l’entrepreneuriat agricole ou avez-vous déjà un projet dans ce domaine? Êtes-vous un/une jeunes diplômé(e)/étudiant(e) en agriculture (au sens large)  ou un/une jeunes s’activant dans l’agriculture de manière informelle entre 18 et 35 ans?

Yeesal Agri Hub lance un nouveau projet et cherche des jeunes passionné(e)s (15 hommes et 15 femmes) dans l’entrepreneuriat agricole à Thiès et Dakar!

Contexte du Projet

Depuis plusieurs années le problème de l’emploi des jeunes est devenu une des priorités des gouvernements en Afrique. Avec une population de jeunes estimée à environ 265 millions soit 15% de la population mondiale, l’Afrique en général et surtout l’Afrique Subsaharienne continue d’être dans le bas du classement des régions pauvres en 2016.

Pour contourner ce problème, Yeesal Agri Hub, en partenariat avec Concree et soutenu par OSIWA (Open Society Initiative for West Africa), lance « Agripreneur en Action! », un nouveau projet qui privilégie la diffusion de l’information agricole et la formation comme deux éléments clés qui peuvent stimuler l’implication des jeunes dans l’agriculture.

Activités pour les jeunes

Le projet prévoit d’impliquer 30 jeunes venant de Thiès et Dakar qui feront partie du projet pendant toute sa durée (1 an), et qui prévoit différentes activités tels que:

– la participation à des focus groups pour comprendre les besoin d’accès à l’information pour les jeunes qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat agricole. Les résultats de ces rencontres  contribueront au développement d’un outil numérique qui sera disponible gratuitement aux jeunes et qui permettra la diffusion de l’information sur l’entrepreneuriat agricole au Sénégal;   

– la participation à des rencontres avec des chercheurs pour présenter les résultats de cet étude et mettre en relation les entrepreneurs avec les chercheurs pour discuter sur les possibilités de valorisation des résultats des chercheurs pour les entrepreneurs agricoles;

– bénéficier d’une formation intensive gratuite en entrepreneuriat agricole de quatre jours avec des modules sur le techniques de production agroécologiques, business model pour la chaîne de valeur et solutions TIC pour l’agriculture.  

Toute les dépenses pour réaliser les focus groups, les rencontres et les formations seront couvertes par le projet (déplacements, repas et hébergements prévus).

Requis pour la prise en compte de la demande: remplir le formulaire ci-dessous et envoyer le CV à yeesalagrihub@gmail.com et  diopadou2012@yahoo.com en CC, avec en objet DEMANDE DE PARTICIPATION A AGRIPRENEURS EN ACTION.

Explorer le potentiel des TIC pour des chaînes de valeur agricoles compétitives

Comment l’Afrique sera-t-elle capable de nourrir les 2 milliards de personnes qu’elle comptera en 2050 en comptant sur la capacité des jeunes entrepreneurs agricoles ? C’est la grande interrogation sur laquelle se sont penchés les participants à l’atelier sur l’entreprenariat agricole de cette deuxième cohorte de la Semaine de l’entreprenariat agricole.  

Pour l’animateur de l’atelier sur l’entreprenariat agricole, M. Toffène Dione, le potentiel agricole de l’Afrique est encore peu exploité et il faudra nécessairement, pour relever ce défi, que plus d’entrepreneurs africains investissent dans ce secteur en y apportant leur esprit d’innovation. C’est ce dont a fait montre Abdoulaye Kandji, un jeune entrepreneur présenté par le formateur. Ce jeune agronome travaillant comme assistant technique au sein de la coopération japonaise (JICA) a conçu un nouvel équipement pour les riziculteurs. Généralement, les houes sine utilisés par les producteurs de riz pluvial ne permettent pas un désherbage sans tuer les plantules, explique Abdoulaye Kandji, concepteur de cet outil. Face à ce problème, les producteurs utilisent un grand écartement ce qui réduit considérablement leur rendement. D’autres producteurs sont quant à eux obligés de réduire le nombre de hilaires diminuant ainsi leur productivité. Pour contourner ce problème, l’ingénieur a proposé un remplacement des hilaires par une lame. Les producteurs peuvent ainsi désherber leur parcelle sans être obligés d’ensevelir ou de tuer les plantules. Un grand soulagement pour ces producteurs qui gagnent aussi bien en temps et en rendement.

Monsieur Toffène DIONE dans ses oeuvres galvanisant ses troupes dans la réalisation de leur Business Model

Pour bien saisir les opportunités du secteur agricole, le formateur a également présenté les différentes politiques agricoles en cours au Sénégal. C’est le cas du programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (PRACAS) et du Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture en Afrique (PDDAA) au niveau du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). « Après tout, tout ce que l’Etat ne fait pas est une opportunité d’affaires pour les entrepreneurs », a affirmé M. Dione.

 

Nourrir deux milliards de populations est un réel marché pour les entrepreneurs africains. Mais, le formateur a souligné tout de même que les acteurs de l’agrobusiness devront travailler sur leur modèle d’approche pour rendre ce marché plus inclusif et accessible aux petits producteurs. Pour cela, Toffène suggère aux entreprises rurales de voir grand dans la conception de leurs produits.

 

Les participants à cet atelier sont désormais assez outillés avec le business model canvas qui leur permettra de mieux structurer leurs projets, bien connaître le marché et les besoins de leur clientèle, et surtout de se préparer à communiquer sur leurs projets. Une transition qui permet au jeune agronome formateur du jour de rappeler que « nous vivons dans un monde où tout devient connecté ». D’où l’intérêt pour les entrepreneurs « de se former pour suivre l’évolution de la technologie ».

 

Insuffler une nouvelle dynamique à l’agriculture africaine grâce aux TIC

 

C’est ce qu’a fait justement Aboubacar Sidy Sonko, le formateur de l’atelier sur les TIC dans la chaîne de valeur agricole, deuxième session de la journée. Il a notamment créé la plateforme Mlouma de commercialisation des produits agricoles.

Sonko fait partie des pionniers qui ont su marier la technologie et l’agriculture. Les participants ont découvert, à travers cet atelier, le concept de chaîne de valeur. Ils sont aussi outillés sur comment se positionner sur chaque maillon de la chaîne afin de proposer une solution basée sur les TIC à partir de l’identification d’une problématique. Quoi de mieux que la plateforme Mlouma pour donner l’exemple. Il a fallu trois années de prototypage à Sonko et son équipe pour se rendre compte que la plateforme web développée n’était pas le canal idéal pour les producteurs en quête d’informations sur le marché. Ainsi Mlouma dispose-t-il désormais d’une plateforme USSD permettant même aux producteurs n’ayant pas la connexion internet et un smartphone de bénéficier des services de la plateforme.

Monsieur SONKHO en plein échange avec son public

Au cours de ses tournées dans le Nord du Sénégal, le jeune entrepreneur  avait constaté que les producteurs étaient abusés par les intermédiaires qui leur fournissent des informations erronées sur les prix du marché. Suffisant pour que Sonko et son équipe pensent à l’utilisation de la technologie pour fournir des informations sûres et à temps réel aux producteurs afin « d’augmenter leur pouvoir de négociation ». Ce sont des solutions concrètes au profit des petits agriculteurs, lesquelles solutions sont aujourd’hui pensées par de jeunes entrepreneurs qui ne sont pas forcément des informaticiens, comme le rappelle le formateur. Tout de même, un des participants déplore le fait que les services TIC pour l’agriculture déjà disponibles au Sénégal sont encore peu connus de la masse. Les entrepreneurs doivent alors aller au-delà du digital et des médias sociaux en travaillant encore plus sur l’aspect communication.

Cette session sur les TIC dans la chaîne de valeur agricole s’est terminée en beauté avec cette pensée nous venant du Kenya, ce pays qui a su profiter pleinement du potentiel des TIC : « Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin ».

Par le potentiel d’inclusion qu’offrent les TIC, l’agriculture africaine ira plus loin et se fera avec ce que les jeunes entrepreneurs africains en feront.

Storify 3: Accueil de la seconde cohorte de la semaine de l’entreprenariat agricole

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200 jeunes s’inspirent des principes de l’agroécologie pour entreprendre et innover dans l’agriculture

Quel peut être l’impact d’une bonne pratique apprise par un agriculteur qu’il ignorait jusque-là  ou celui d’un jeune qui découvre totalement l’entreprenariat agricole et qui a le déclic pour se lancer ?

Et comment créer le tout en l’espace d’une semaine ?

C’est le pari engagé par l’équipe de Yeesal Agri Hub en partenariat avec la GIZ  durant cette semaine de l’entreprenariat agricole. La première, parce que s’adressant essentiellement à l’agriculture. Mais également, l’innovation majeure réside dans la participation d’un groupe hétérogène composé de jeunes à la quête d’expériences et qui rencontrent des migrants de retour ayant un vécu intéressant à transmettre. Loin d’être un choc de deux générations, la semaine de l’entreprenariat agricole offre un cadre idéal pour les jeunes qui peuvent tirer la vieille génération d’agriculteurs vers les innovations. En retour, cette génération de migrants est un réservoir de conseils utiles à ces jeunes voulant se lancer dans l’entreprenariat agricole.

Initiation à l’agroécologie : après la théorie, place à la pratique

L’entreprenariat agricole est surtout dans l’action. L’action de préparer son sol, sa pépinière, l’action de trouver un marché pour ses produits agricoles. Qui parle d’entrepreneuriat agricole, parle forcément d’activités sur le terrain. Yeesal Agri Hub n’a pas dérogé à cette règle. Après une journée chargée en session théorique durant la première journée, la deuxième journée s’est faite loin des ordis et smartphones. Les participants ont pu appliquer toutes les techniques apprises en session théorique.

L’animateur de la session sur l’agroécologie, Souleymane Agne est ainsi revenu sur les différentes étapes à la mise en place des pépinières maraîchères et l’installation de plants fruitiers. Ces étapes comprennent la préparation du sol, l’épandage du fumier, le nivellement, l’arrosage, le semis etc. Pour cette pépinière, pas d’engrais chimique, il faut absolument respecter les principes de l’agroécologie, martèle le formateur.

« Ce sont des choses basiques, que les gens ignorent pourtant »

Les démonstrations ont permis à certains participants d’installer pour une première fois leur plants d’agrumes. Mais, même pour les entrepreneurs expérimentés, les pratiques présentées par le formateur sont totalement différentes de celles qu’ils ont l’habitude de faire.

L’intervention d’un migrant rentré au bercail et ayant lancé son projet agricole depuis plusieurs années vient confirmer l’importance des pratiques de l’agro-écologie prévues à l’occasion de SENAG2017. En effet, ce migrant avoue avoir toujours transplanté ses plants d’agrumes directement sans appliquer la bonne technique de trouaison, ni d’épandre le fumier avant la mise en place du plant.

« Je n’ai jamais fait la double cuvette pour mes citronniers. Je comprends maintenant pourquoi j’ai une faible production et mes citronniers ont souvent des maladies », témoigne un autre participant expérimenté.

Les explications du formateur ont été bien notées par les participants qui promettent tous d’appliquer ces nouvelles techniques apprises lors de la session pratique.

 

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