ICT4AG: des formations par les Yeesalers pour les Yeesalers

Yeesal s’implique de plus en plus dans le développement de entrepreneuriat agricole des jeunes. Offrir des sessions de formation aux jeunes sénégalais est aussi un autre moyen pour les yeesalers de se sentir utile. C’est dans cette dynamique qu’est née la formation « Green digital ».

« Green digital » est une formation qui consiste à donner aux participants des connaissances sur la communication digitale autour de leurs activités agricoles. 

Donc l’idée de base a été de vouloir s’organiser  sous forme de Keynote intéractive avec pour  chacun des modules  2h00 de temps avec les participants. Le premier module a été orienté vers les thématiques: personnel branding,  bouche à oreille digital et du value proposition canvas digital car elles sont  des éléments de la partie early stage de la mise en place de la stratégie de communication d’une personne ou structure avec comme activités pratiques le travail d’identification de leur besoin en terme de communication, des problèmes qu’ils ont eut ou auront  à rencontrer, des avantages qu’ils peuvent tirer de cette communication ou ses aspects bénéfiques pour aboutir à un travail de définition de ce qu’ils vont offrir en terme de services communication à leur propre entreprise, les moyens qu’ils auront imaginés pour prévenir les problèmes ou les solutionner et la proposition de valeur  qu’ils auront su découvrir grâce à cet atelier( des propositions de valeur qui seront remises en question grâce au  second module sur la stratégie)
Le second module lui s’est surtout positionné concernant:
  • CONTENU (élaboration d’un calendrier éditorial, outil de planification de posts, identifier les opportunités de communication: quoi et quand publier?…) 
  • ANIMATION ( stratégie de partage, d’interaction et d’engagement de sa communauté et diffusion des savoirs pratiques et actualités dans son domaine de prédilection…) 
  •  VISIBILITE (attirer des fans/clients et fidéliser sa communauté de marque, importance et évaluer les KPI ) 

Avec comme coach, Cheikh Ahmadou Bamba Fall (Digital Manager de Yeesal) et Mikaila Issa (consultant en communication digitale), ces deux mentors ont encore réussi un autre pari.

La formation a duré 4h et à l’issu de cette formation, les participants ont tous reçu une attestation de participation. Nous comptons bien sûr organiser d’autres séances dans le courant de l’année 2018.

Récapitulation: Sprint 2018

L’événement SPRINT a été organisé avec un de nos partenaires (INCO) dans le but d’encourager les greens start-ups présents au Sénégal. Regroupant les Start up autour d’un prix, où les participants ont eu à « pitcher » un par un leur projet. Un tel événement a été à la fois une occasion pour les start up de rencontrer de nouveaux partenaires mais aussi une occasion à Yeesal Agri Hub de montrer son dévouement et son implication sur l’entreprenariat des jeunes sénégalais.

Les entrepreneurs étaient au nombre de huit et étaient :

Andando, dont l’idée est née de trois jeunes sénégalais qui voulaient améliorer la vie de leurs concitoyens grâce au numérique. Ils sont désormais une équipe forte d’ingénieurs informatiques avec diverses compétences et expériences. Ils sont spécialisés dans la technologie de l’information et de la communication.

-Daral Technologies est une start-up qui a pour objectif d’introduire l’outil informatique dans le secteur de l’élevage pour aider nos compatriotes à lutter contre les fléaux qui appauvrissent les acteurs du secteur tels les épizooties et le problème du vol de bétail .
Mais aussi fournir en continu les statistiques fiables qui sont incontournables pour une bonne projection politique du secteur à l’Etat. 

-Diaw Multi Service qui a été créé par Karou Diaw, jeune immigré de retour de 35 ans, est une start-up qui est orientée dans l’irrigation et le recyclage de déchets, en d’autres termes appelé « Green Plastic World ». Son business accuse un franc succès et le moins que l’on puisse dire et que ça influe aussi sur son entourage, la jeunesse Sénégalaise, qui voit en lui un modèle de réussite.

-PING : Une start-up de compagnie de taxi à carburants alternatifs ambitionnant de changer le visage traditionnel des taxis dakarois. Son fondateur, Adam Martel Brown est convaincu que PING devrait bientôt être le uber d’Afrique.

-BAYTECH est une application mobile utilisable avec ou sans internet qui vise à informatiser les données et les informations techniques recherchées par les agriculteurs afin de les rendre accessible à tous via tout type de téléphones portables. Elle guide les agriculteurs sur le choix de leurs cultures et propose aussi un système de rappel par sms et message vocal des dates des traitements phytosanitaires et des fertilisations des cultures.

– APIAFRIQUE est une marque innovante qui conçoit, fabrique et distribue des produits d’hygiène, sains, et beaux, pour préserver la santé, réduire les déchets et faciliter la vie des femmes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.  Les produits Api Afrique sont fabriqués au Sénégal, dans les environs de Mbour, par des jeunes femmes douées et motivées. Des serviettes hygiéniques ; des couches lavables haut de gamme fabriquées au Sénégal !

NANO AIR est une startup sénégalaise évoluant dans le domaine de l’ingénierie informatique. Ils conçoivent et développent des objets connectés, des applications web et mobiles, des logiciels, des systèmes décisionnels sûrs pour répondre aux problématiques de la sous-région.

TOUBA BIO TECHNO EQUIPEMENT est une start-up qui cherche à décomposer  et transformer les déchets d’aliments biologiques en biogaz. Ceci, par un processus  de méthanisation.

Apres présentation des start-ups par leurs fondateurs ou représentants, le prix a été attribué à Green Plastic world de Diaw Multi Service qui s’active dans le ramassage et transformation des déchets…

Yeesal, l’agriculture digitalisée

Le digital est devenu un outil incontournable pour une bonne visibilité pour chaque secteur notamment l’agriculture. L’internet avec ses canaux ROI, représentant le plus vaste marché au monde est aujourd’hui un moyen très efficace pour commercialiser et rendre accessible son produit. Toutefois, force est de reconnaitre que le secteur de l’agriculture est un secteur un peu trop sous-estimé par les jeunes au Sénégal. C’est en suivant cette logique qu’un Agri-business Tech Hub a vu le jour au courant du mois de Mars 2016 sous le nom de Yeesal Agrihub.

Yeesal Agrihub promeut l’entreprenariat des jeunes dans le secteur de l’agriculture: Innover le secteur agro-business sénégalais avec les TIC. C’est aussi un milieu d’échange où l’on encourage la création d’idées innovantes qui pourront permettre au secteur agricole de se développer. Ils ont su comment séduire les jeunes dans le domaine agricole en liant ce dernier au numérique. Leur mission est aussi de mettre en place des groupes de jeunes de plusieurs secteurs afin de permettre aux étudiants, aux entrepreneurs et aux agriculteurs de trouver ensemble des solutions TIC innovante face à des problèmes auxquels le monde urbain est mis à l’épreuve.

Ces missions pourront sans aucuns doutes attirer plus de monde dans le secteur agricole. Ceci, du fait que plusieurs investisseurs et entrepreneurs ont pendant longtemps pensé que ce secteur dont il s’agit là est un secteur à haut risque avec des pertes et zéro revenu sur investissement. Nonobstant ce fait, si d’après ce que montrent les statistiques (Au Sénégal 70% de la population sont des agriculteurs) nous peinons toujours à atteindre l’autosuffisance en riz ou en oignons, nous pouvons bien comprendre la peur de prendre le risque de s’y investir du côté des entrepreneurs et des investisseurs.

 

 

La solution proposée par Yeesal Agrihub se présente efficace et très bien réfléchie. Sensibiliser et mettre en place une communauté de jeunes qui pourront travailler sur des sujets liés au développement agricole et à l’agro écologie. Ceci permettra aux jeunes de s’impliquer dans le développement agricole par le biais des TIC et d’encourager la création d’emplois en milieu rural. Cela va sans dire qu’ils faciliteront l’accès à l’information pour les jeunes désirant s’aventurer dans le secteur agricole ou pas.

 

La philosophie de Yeesal

 

Mettre les innovations digitales au service de l’agriculture, tel est le but de Yeesal Agri Hub. Ce hub, étant le premier en Afrique de l’Ouest entièrement dédié à l’agriculture, a su mettre en place un espace physique d’échange pour les jeunes innovateurs, les agriculteurs, les entrepreneurs sur des thématiques bien spécifiques à l’agriculture. Partant bientôt sur deux ans de réalisation et de construction d’un nouveau type d’entrepreneur social au service de l’innovation dans l’agriculture, Yeesal a su se positionner comme un acteur majeur de l’entreprenariat agricole au Sénégal, ce qui a suscité l’intérêt de la communauté internationale à vouloir s’intéresser à cette association d’entrepreneurs au service de l’innovation agricole.

Exposition a l’inauguration du centre Bavarois de Thiès

 

Une question est fréquemment posée aux membres de la communauté sur le secret de Yeesal. A cette question le coordinateur de Yeesal répond tout simplement que le secret de Yeesal repose sur la farouche volonté et l’envie de tout un chacun d’apprendre des autres.

 

Des mots forts et pleins de sens vu le réseau multidisciplinaire qu’on a su mettre en place. C’est donc une invitation à tout un chacun de faire émerger le vrai sens de sa vie et de s’impliquer vraiment à travers l’action, calé dans une dynamique de changement et de solidarité dans le but de non pas refaire l’histoire, mais de la poursuivre, de l’infléchir, de l’humaniser, de la rendre riche pour notre cause commune : rendre l’entreprenariat agricole plus noble et plus attractif.

Workshop avec les participants du programme Agripreuneur en action (Dakar)

 

 

Yeesal a des potentialités énormes et est consciente de la grande puissance capitalistique de l’Afrique. Par capital, nous entendons les moyens pour entrainer une dynamique de développement, des leviers pour changer ce qui semble réel à nos yeux, des richesses à exploiter et à valoriser pour lutter contre la famine et le chômage.

 

Yeesal n’est pas un joyau dans un ciel d’orage, mais c’est peut-être une boussole qui indique un chemin possible là où il n’y avait que du désespoir et du découragement, là où se développait une mentalité d’assisté et de mendiant. Yeesal est une communauté d’entrepreneurs innovants avec des potentialités de changement et de sortie de crise et l’offre au monde agricole.

 

Les muscles de Yeesal sont ses potentialités, ses capitaux, mais c’est aussi sa sagesse malgré son jeune âge. Il ne s’agit pas là de copier ou de reprendre ce qui se fait ailleurs, mais Il s’agit de prendre au sérieux la réflexion sur le sens de la vie, de la nature, sur ce qu’est une vie heureuse et sur ce que nous partageons qui nous réunit. Cette sagesse est une éthique, un système structuré avec sa propre cohérence pour prendre des décisions et faire des choix, une éthique de la vie bonne et heureuse où la relation à l’autre est centrale. La sagesse qui nous inspire nous invite à suivre les logiques de la nature qui tisse à la fois l’autonomie et les relations entre les humains, les animaux, les végétaux pour faire un monde qui n’est pas une machine mais un organisme vivant.

Semaine de l’entrepreunariat agricole avec 200 participants dont 150 jeunes et 50 migrants de retour. (Thiès, Novembre 2017)

 

Frantz FANON disait : chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». La nôtre est de coopérer étroitement en tant que communauté à l’atteinte des objectifs escomptés, avec une responsabilité très engagée et rien, absolument rien, ne saurait entamer notre détermination à poursuivre d’innover et de rendre l’agriculture plus noble et plus attractive pour les jeunes.

 

Credit to:

Mathieu Aly Faye

Développeur de solutions locales

Membre de Yeesal Agri Hub

Sahel Vert : l’agroécologie a aussi son centre de formation

Le niveau d’abandon scolaire au Sénégal est estimé à 12% au niveau moyen. Une masse importante de jeunes qui ont du mal à s’insérer dans le milieu professionnel. Une énorme perte pour l’État sénégalais si des solutions pérennes de réinsertion scolaire ou professionnelles de ces jeunes ne sont envisagées. Dans le même temps l’étude de l’IFAN cette année révélait que « Trois jeunes sur 4 partiraient du Sénégal si la chance se présentait. » C’est la statistique de l’année, comme le faisait remarquer Sobel Aziz NGOM, président de Social Change Factory.

Donner une seconde chance à ces jeunes en les insérant dans le secteur agricole, telle est l’ambition affichée par le Centre Sahel Vert. Seynabou SALL, la toute jeune directrice de ce centre nous explique : « Au Sénégal, ce n’est pas facile pour les jeunes ayant le niveau BFEM de suivre une formation en agroécologie ». Normal quand la plupart des écoles de formation en agronomie requiert le BAC S. Pourtant, « il y a beaucoup de jeunes qui veulent suivre la formation mais n’ont pas le niveau ni les informations nécessaires » confirme Seynabou. Crée en 2016 par le Centre Mampuya en collaboration avec Agribioservices, le centre Sahel Vert, implantée à Toubab Dialaw à 40km de Dakar, a pour objectif premier « de former des conseillers et techniciens en agroécologie et en production agroécologique » Ces deux structures : Agrobioservices et Mampuya disposent d’une bonne expérience dans l’agroécologie et ont décidé de joindre leurs efforts pour créer le Centre Sahel Vert. Agribioservices est par exemple présent à Thiès et s’active dans la commercialisation des produits biologiques.

 

Pour cette année, Sahel Vert propose deux filières : une en présentielle portant sur l’agroécologie et la production biologique et une formation modulaire qui se fait à distance. Pour cette dernière, la demande est là. Aboubacry, le gérant du centre Mampuya explique rencontrer souvent plusieurs personnes intéressées par la formation à distance. « Ces personnes ont souvent un travail différent de l’agriculture mais possèdent un domaine agricole sans pour autant disposer des connaissances de base minimum pour bien démarrer leur projet agricole. » L’une des innovations des formations au Centre Sahel Vert est l’importance des sessions pratiques. Pour avoir suivi une formation en agroécologie à l’université Gaston Berger de Saint Louis, la directrice de Sahel déplore que « 80% au moins de leur enseignement était théorique ». Après une licence en agroécologie, elle décide de prendre son courage en main et de « marquer une pause afin de gagner en expérience ». Heureusement pour cette passionnée d’agroécologie qui après un stage au centre Sahel Vert en est devenue aujourd’hui la directrice. Ce n’était pas évident au début, raconte Seynabou. Car « malgré le fait qu’on parle encore plus d’agroécologie, qu’on dise que c’est un métier d’avenir, l’insertion professionnelle n’est pas toujours évidente au Sénégal ».

 

La direction du centre insiste donc beaucoup sur la manière de former les jeunes. Et ces innovations portent leur fruit. Un jeune étudiant venu de la région de Thiès nous explique : « la manière dont je produisais avant et maintenant est totalement différente ». Un autre de ses camarades venant d’une zone réputée pour sa performance agricole comme le bassin arachidier « avant de venir au Centre, je n’avais aucune connaissance en agriculture et plus spécifiquement en agriculture biologique ». Le centre Sahel vert a ainsi changé la perception de plusieurs jeunes par rapport à l’agriculture biologique. Ce n’est pas que la théorie. Cette année, le centre a fait face à une épidémie de variole dans le cadre de la production avicole. Cependant, les produits chimiques sont bannis. Une manière pour les formateurs « d’inciter les étudiants à innover, à trouver les voies e moyens afin de contourner cette infection qui avait atteint le poulailler » nous fait savoir Aboubacry. Une solution qui a marché, puisque les pertes de volaille ont été minimes malgré le non recours aux produits chimiques.

Offrir une formation complète en agroécologie et production biologique est la très grande ambition du centre Sahel vert. Il ne manque cependant pas quelques contraintes qui ralentissent la réalisaton de cet objectif. La capacité d’accueil de ce centre est encore petite. Malgré la forte demande, une vingtaine d’étudiants seulement ont pu être reçues. Dans le cadre de la production maraîchère, le Centre fait également face à l’attaque des singes et une disponibilité en eau réduire malgré une disponibilité foncière importante. La direction espère dans les années à venir augmenter les superficies exploitées et la capacité d’accueil des étudiants. Le Sénégal a donc une ressource humaine de qualité sur laquelle compter pour engager la transition agroécologique. Le centre Sahel Vert compte bien jouer sa partition en espérant que les autorités et les différents partenaires puissent s’y joindre pour booster la production agroécologique.

 

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